Les déclencheurs des violences

Un deux trois… Explosion …

Il y avait la violence psychologique et verbale de fond. Et les crises ponctuant cette routine mortifère tous les 3-4 jours. Une journée/nuit de crise, puis une journée où il s’en remettait de l’excès de cachets et alcool, une journée de répit où c’était « la réconciliation » avec un restaurant et des promesses, une journée « normale » à bricoler puis ça replongeait.

Mais qu’est-ce qui déclenchait ces crises de violences ?

Pas toujours facile de répondre. Je pense après coup qu’au final n’importe quel prétexte était bon pour détruire et se « droguer ». Un avis partagé par d’autres femmes l’ayant connu, et qui avaient des personnalités très différentes de la mienne, voire aux antipodes.

Dans ce que j’ai pu expérimenter, ce qui faisait l’effet d’une étincelle auprès d’une étendue de pétrole :

  • si je n’étais pas d’accord avec lui. Y compris pour des détails du quotidien.
  • si je lui résistais et ne me soumettais pas
  • si je marquais des signes de fatigue, si je « faiblissais ». Si j’étais malade, si j’avais un coup de tristesse. Il perdait ses moyens, entrait en angoisse, sur-réagissait, voulait tout contrôler (y compris toutes les questions et échanges avec le corps médical, les critiquant en permanence et me méprisant en disant que j’étais une incapable, incapable de gérer ma santé, que je m’auto-sabotais)
  • quand il n’était pas le plus mal ni le plus à plaindre (pas toujours rationnellement facile entre mon passif familial et mes problèmes de santé)
  • quand il n’était pas au centre de tout, de notre vie, de notre quotidien, de mes attentions (par exemple si je m’occupais trop à son goût de ma fille, si j’étais ravie d’un de mes travails…)

Alors il y avait une tension directe, c’était du chaud au froid. Le froid glaçant, la tension, était soudaine, irrémédiable. Un mot. Une phrase « de trop » ou « de travers ». Et c’était parti. Inarrêtable. Malgré mes efforts, de médiation, d’apaisement, de mots doux, de supplications, de silence, de parler d’autres choses, de diversion, d’excuses, de promesses… Rien n’arrêtait la machinerie lancée. Je ne pouvais qu’observer le processus avec horreur et terreur. Me repliant et me concentrant sur tous nos faits et gestes pour que cela soit le moins violent possible. Autant que possible. Connaissant les étapes par cœur. Sachant que cela allait prendre des heures. Qu’il fallait rester attentive à ce que je disais ou écrisais car il était en hyper réaction au moindre mot tout en déroulant son monologue habituel. Tout en m’interdisant de m’exprimer. Et tout en réclamant d’être seul. Alors quand même temps il m’accusait de l’abandonner. Menaçait de se suicider. Criait. Venait me chercher si je ne bougeais pas au calme le temps que l’orage passe. Quoi qu’il en fût, j’étais toujours piégée. Il n’y avait aucune issue de sortie possible, il attaquait de tous les sens en disant tout et son contraire.

En gros les prétextes à l’explosion étaient multiples et inévitables…

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